Se lever. Tant bien que mal. Se préparer, et sortir, encore tôt, très tôt. A 8h30, en centre ville, il n'y a pas grand monde. Mais ceux qu'on croise, ils nous sont en quelques sortes agréables. A dire vrai, je n'ai jamais aimé les grandes foules, j'aime plutôt ne voir que quelques personnes. J'ai l'impression alors d'être dans une sorte de bulle. Certains font face, d'autres pas. Et le matin, c'est visible. On peut sentir les tracas de la veille, on peut sentir le dur réveil, on peut sentir le froid qui les endort. On peut sentir les gens. Comprendre. Il suffit juste d'être attentif.
J'aime bien me promener tôt le matin. Tout s'éveille doucement. Le soleil, la chaleur de la journée, les personnes que l'on va croiser, les commerçants, les antiquaires, les serveurs des cafés, les buralistes, et tout le beau monde qui part travaille. La plupart y vont en traînant des pieds. On voit aussi les étudiants qui vont suivre leur cours. Les gens sont généralement pressés, comme si le temps allait les retenir, les empêcher. Pour la plupart, on peut sentir leur stress, qui en devient inévitablement palpable si on regarde bien. Quand le matin je m'arrête au bord du chemin, et que j'observe, j'ai l'impression d'être à part, d'observer l'effervescence du monde qui s'éveille. Souvent, j'ai envie de donner un sourire aux gens, de les motiver un peu plus.
Au fond, on a tous nos tracas matinaux.
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