mardi 20 septembre 2011

49.

Se lever. Tant bien que mal. Se préparer, et sortir, encore tôt, très tôt. A 8h30, en centre ville, il n'y a pas grand monde. Mais ceux qu'on croise, ils nous sont en quelques sortes agréables. A dire vrai, je n'ai jamais aimé les grandes foules, j'aime plutôt ne voir que quelques personnes. J'ai l'impression alors d'être dans une sorte de bulle. Certains font face, d'autres pas. Et le matin, c'est visible. On peut sentir les tracas de la veille, on peut sentir le dur réveil, on peut sentir le froid qui les endort. On peut sentir les gens. Comprendre. Il suffit juste d'être attentif.

J'aime bien me promener tôt le matin. Tout s'éveille doucement. Le soleil, la chaleur de la journée, les personnes que l'on va croiser, les commerçants, les antiquaires, les serveurs des cafés, les buralistes, et tout le beau monde qui part travaille. La plupart y vont en traînant des pieds. On voit aussi les étudiants qui vont suivre leur cours. Les gens sont généralement pressés, comme si le temps allait les retenir, les empêcher. Pour la plupart, on peut sentir leur stress, qui en devient inévitablement palpable si on regarde bien. Quand le matin je m'arrête au bord du chemin, et que j'observe, j'ai l'impression d'être à part, d'observer l'effervescence du monde qui s'éveille. Souvent, j'ai envie de donner un sourire aux gens, de les motiver un peu plus.
Au fond, on a tous nos tracas matinaux.

mercredi 7 septembre 2011

48.

Le concept est simple. On pourrait même l'appeler le concept du "je fais que de la merde". Enfin, ça s'arrête à quelques petites merdes sans presque aucunes conséquences. Genre laisser les gants pour le four sur la plaque de cuisson électrique alors qu'on sait très bien qu'elles chauffent quand même ces petites salopes. Oui oui, je suis douée en ce moment. On pourrait même dire que je les enchaîne.
Mais au fond, ça n'est pas trop grave. Ce qui positif pour le moment, c'est que j'ai peut-être trouvé un emploi. Et là, on applaudit. Non, j'ai dis que vous applaudissiez. C'est un exploit en somme. Trouver un emploi de nos jours, sans aucunes qualifications concrètes, c'est un miracle. Bon d'accord, j'ai pas encore signé. C'est pas encore gagné. Mais mon CV intéresse. Et donc, possibilité que je devienne animatrice socio-culturelle. Le nom pète, l'emploi peut-être pas. Ca reste de l'argent qui rentre ...

Non mais soyons franc, trouver un emploi relève du surnaturel. C'est pire que le parcours du combattant, pire qu'avoir ses règles, pire que se faire plaquer, pire que la course à l'armement. Je dirais que c'est même pire que la fin d'un bon roman. Ou pour certains, pire que voir son personnage de jeu de rôle mourir. En fait, pire que tout. Déjà, parce que t'as beau avoir les diplômes qu'il faut, on te répondra que tu n'as pas l'expérience. T'as beau avoir l'expérience, on te répondra que t'as pas les diplômes. Et si par miracle, tu as les deux, on te dira que tu es trop jeune pour ce poste. Dans tous les cas, tu ne corresponds pas vraiment à ce que je cherche cet employeur. Parce qu'il sait une chose, c'est qu'il y a des dizaines de personnes qui attendent pour ce poste, et qu'il trouvera forcément quelqu'un de mieux que toi. Ou alors t'as la chance d'un cocu, et le poste est pour toi. Mais sache que ça n'arrive presque jamais. On appelle ça un coup de chance...

On appelle ça aussi le marché du travail. Je l'appellerai plutôt le marché de l'abattoir. Parce que non seulement, on te refuse l'emploi, mais en plus on te fait bien comprendre que tu es nul, que tu es loin d'être indispensable, et que si tu crèves de faim, tant pis. Merci. Nous aussi, on vous aimes. Nous, les petits chercheurs d'emploi. Ta vie, ils s'en foutent. Mais toi, tu te lèves le matin, en voyant ton joli compte en banque descendre, descendre, descendre... en multipliant tes recherches d'emploi. Alors parfois, tu as des proches qui tendent de te soutenir, te disant comment il faut que tu t'y prennes. T'essaie. Loupé. Try again. Et parfois, ça marche ( ou pas ).

Tout ça pour que vous vous réjouissiez avec moi, parce que c'est un jour fabuleux où j'ai peut-être la chance d'obtenir un travail stable, proche de chez moi, et qui me plaît. Ô gloire ! Mais ne crions pas victoire. Dans quelques jours nous serons fixés quant à mon potentiel futur emploi.
Jusque-là, courage ! ( Je ne sais pas si je m'adresse véritablement à vous ou plutôt à moi... )