La nuit, c'est mieux. Ou pas. Mais là, je suis dans un problème qui me fait paniquer, donc j'écris. Si vous suivez la logique, vous me le dites.
Il faisait nuit noire dans la petite chambre d'enfant. La veilleuse ne fonctionnait plus. Après tout, elle avait tout de même cinq ans. Une grande fille désormais. Mais malgré l'heure tardive - l'horloge affichant trois heures du matin - la petite fille avait les yeux grands ouverts dans son lit. De grands yeux, sombres. Elle fixait un coin de la chambre, mais son regard semblait absent. Elle attendait. Elle attendait que la maison s'éveille. Ce qui n'arriverait pas avant un bon moment.
Elle se mit alors à réfléchir. Doucement. Elle se rendait bien compte que la vie d'adulte, c'était compliqué. Beaucoup trop compliqué. Il y avait des règles inscrites nulle part à respecter, des gens que l'ont devaient côtoyer par obligation, des sourires qui sonnaient faux... Non, vraiment non, elle n'était pas pressée de devenir une grande personne. Plus elle y pensait, et plus elle trouvait tout très compliqué chez les adultes. Ils se déchiraient en silence, et ils attendaient très longtemps pour passer l'éponge. En fait, elle aimait bien être une petite fille. On répondait toujours à ses questions.
Cette semaine-là, elle était chez son papa. Elle aimait bien être chez son papa. Même si sa maman disait du mal de papa. Mais c'était des histoires d'adultes. Elle ne voulait pas croire sa maman quand elle disait des choses méchantes. Mais sa grande soeur, elle croyait tout ce que lui disait leur maman. La petite fille aux grands yeux trouvait ça dommage. Elle ne voulait pas savoir les raisons de maman, mais ça lui faisait beaucoup de mal de voir qu'elle faisait ça... Elle ne voulait pas choisir entre papa et maman. Elle les aimait tous les deux, même si elle ne comprenait pas maman. Maman avait un autre amoureux... D'ailleurs, la petite fille se demandait ce que ça faisait d'avoir un amoureux. Et pourquoi maman n'aimait plus papa. C'était encore un truc d'adulte. Mais ça lui faisait un peu mal tout de même...
"Mathilde, il est sept heures. Tu te réveilles ma puce ?
- Je suis déjà réveillée papa. Petit déjeuner ?
- Oui, je t'attends en bas ma puce. "
Mathilde se leva, doucement, enfila ses petits chaussons qu'elle aimait beaucoup, et descendit prendre son petit-déjeuner. Comme tous les jours, elle vit que son papa avait l'air un peu triste, comme éteint. Et puis, elle se souvint qu'elle avait des poux. Cette remarque la fit un peu paniquée, comme cette panique qui l'avait tenue éveillée toute la nuit. Elle se gratta la tête, se plaignit, et se calma grâce au câlin de son papa. Puis elle partie à l'école, fatiguée, mais certaine d'une seule chose : vivre comme un adulte, avec beaucoup de gens, c'était vraiment trop compliqué.
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