lundi 23 mai 2011

45.

La nuit, c'est mieux. Ou pas. Mais là, je suis dans un problème qui me fait paniquer, donc j'écris. Si vous suivez la logique, vous me le dites.

Il faisait nuit noire dans la petite chambre d'enfant. La veilleuse ne fonctionnait plus. Après tout, elle avait tout de même cinq ans. Une grande fille désormais. Mais malgré l'heure tardive - l'horloge affichant trois heures du matin - la petite fille avait les yeux grands ouverts dans son lit. De grands yeux, sombres. Elle fixait un coin de la chambre, mais son regard semblait absent. Elle attendait. Elle attendait que la maison s'éveille. Ce qui n'arriverait pas avant un bon moment.
Elle se mit alors à réfléchir. Doucement. Elle se rendait bien compte que la vie d'adulte, c'était compliqué. Beaucoup trop compliqué. Il y avait des règles inscrites nulle part à respecter, des gens que l'ont devaient côtoyer par obligation, des sourires qui sonnaient faux... Non, vraiment non, elle n'était pas pressée de devenir une grande personne. Plus elle y pensait, et plus elle trouvait tout très compliqué chez les adultes. Ils se déchiraient en silence, et ils attendaient très longtemps pour passer l'éponge. En fait, elle aimait bien être une petite fille. On répondait toujours à ses questions.

Cette semaine-là, elle était chez son papa. Elle aimait bien être chez son papa. Même si sa maman disait du mal de papa. Mais c'était des histoires d'adultes. Elle ne voulait pas croire sa maman quand elle disait des choses méchantes. Mais sa grande soeur, elle croyait tout ce que lui disait leur maman. La petite fille aux grands yeux trouvait ça dommage. Elle ne voulait pas savoir les raisons de maman, mais ça lui faisait beaucoup de mal de voir qu'elle faisait ça... Elle ne voulait pas choisir entre papa et maman. Elle les aimait tous les deux, même si elle ne comprenait pas maman. Maman avait un autre amoureux... D'ailleurs, la petite fille se demandait ce que ça faisait d'avoir un amoureux. Et pourquoi maman n'aimait plus papa. C'était encore un truc d'adulte. Mais ça lui faisait un peu mal tout de même...

"Mathilde, il est sept heures. Tu te réveilles ma puce ?
- Je suis déjà réveillée papa. Petit déjeuner ?
- Oui, je t'attends en bas ma puce. "

Mathilde se leva, doucement, enfila ses petits chaussons qu'elle aimait beaucoup, et descendit prendre son petit-déjeuner. Comme tous les jours, elle vit que son papa avait l'air un peu triste, comme éteint. Et puis, elle se souvint qu'elle avait des poux. Cette remarque la fit un peu paniquée, comme cette panique qui l'avait tenue éveillée toute la nuit. Elle se gratta la tête, se plaignit, et se calma grâce au câlin de son papa. Puis elle partie à l'école, fatiguée, mais certaine d'une seule chose : vivre comme un adulte, avec beaucoup de gens, c'était vraiment trop compliqué.

lundi 9 mai 2011

44.

Le soleil brille haut. Il fait ni trop chaud, ni trop froid. La fenêtre est grande ouverte, pour que je n'oublie pas qu'il y a un monde autour de moi. Je tente de m'accrocher à mes idées, mes grandes idées d'un monde un peu meilleur. "Change d'abord ta vie, puis le monde". Sauf que changer sa propre vie, trouver ses propres solutions, ce n'est pas facile. Résister à la pression de son maudit cerveau, à l'envie de fuir parce qu'on a peur, c'est dur.
Mais pour la première fois de ma vie, je suis fière de le dire, je tiens bon. Je fais face. J'ai fais un choix, je l'accepte, je l'assume. Je ne fuirai pas. Je resterai...

Pourtant, j'ai du mal. Intérieurement, ça lutte. Ca se débat pour sortir et faire mal. Détruire. Et pourtant, je démonte pas à pas cette machine destructrice qui est en moi depuis bien trop longtemps. Je tente de trouver des solutions. De faire face aux problèmes mineurs qui se posent à moi. Je tente de tenir bon. Je ne flancherai pas. Pas cette fois-ci. Je lutterai. Même si c'est dur, même si ça me donne envie de vomir. Même si le monde m'effraie aujourd'hui, pour je ne sais quelle raison. D'entendre le bruit dehors me fait peur. Mais je tiens bon. Je laisse la fenêtre ouverte, je ne fume pas trop. J'attend patiemment que l'angoisse parte.

Copyright : Matthieu B.

J'attend son retour, comme une Pénélope. Sauf que moi, je sais qu'il reviendra dans quelques heures. Moi, je sais que je pourrais discuter avec lui. Il faut juste que ça se calme. Il faut juste que j'attende, que j'analyse comme toujours. Que je décortique. Et que je vois la réalité en face, quitte à la prendre de plein fouet. Assumer. Quitte à souffrir. Cette fois-ci, j'irai jusqu'au bout. Je mettrai mon cerveau de côté. Une bonne fois pour toutes.


jeudi 5 mai 2011

43.

La théorie de soi.

Dernièrement, j'ai passé mon stage bafa base. Une semaine éprouvante, loin de mon petit fiancé, loin de mon chez moi. Mais une semaine qui m'a ouvert les yeux.

Déjà, un projet d'écriture qui a prit forme grâce à Rain. Une soirée marrante en prime. Et une soirée avec un ami, ça n'a pas de prix.

De deux, la découverte de soi. Découverte d'une personne qui n'est pas du tout introverti, qui va vers les autres en se motiver un tant soi peu. Une personne souriante malgré tout. Et surtout, j'ai appris que je savais relativiser à un point énormissime. Prendre sur soi, ne pas s'énerver, et tenter de voir les choses différemment. A l'heure actuelle, j'en suis capable. Mais surtout, j'ai vu que je voulais donner de mon temps pour aider les autres. Je le savais déjà, mais pas à ce point.

Donc, j'en suis à la recherche d'un emploi. Puis après, d'une association pour aider les enfants défavorisés. Tout ça en organisant probablement mon mariage. Si c'est pas fantastique ! Je crois que je me suis réellement découverte au-delà de mes espérances. Je ne pensais pas être capable de gérer trois milles cinq cent choses à la fois. Et pourtant, si. Je suis capable de tout gérer. Et de me gérer moi. Surtout émotionnellement.
Et malgré mes multiples activités, j'ai trouvé le temps de lire. J'ai trouvé le temps de me poser des questions, de m'interroger, de trouver quelques réponses. De philosopher comme je sais le faire.
Je n'ai donc pas perdu mon temps.

Il me reste beaucoup de choses à réaliser. Il me manque à apporter du rêve, de la littérature, à beaucoup de gens. De leur montrer à quel point rêver et croire n'est pas si horrible. Ce qui est horrible, c'est de s'enfermer dans le train-train quotidien en renâclant, et sans se rendre compte que la vie, ce n'est pas ça. En fait, j'ai envie d'apporter un peu de moi à des enfants... Alors, on retrousse ses manches fictives, et on fonce !