dimanche 10 avril 2011

42.

Tu me manques. Horriblement. Je sais que tu te reconnaîtras. Je sais que tu nous regardes, que tu veuilles sur nous. Mais je me heurte à un mur invisible qui m'empêche de surmonter ça. Beaucoup trop tôt peut-être. Je n'accepte toujours pas...

samedi 9 avril 2011

41.

La quête d'Ewilan et Les mondes d'Ewilan, Pierre BOTTERO.



Nous allons parler de ce que je lis, et que j'adore.
Pour faire simple, monsieur Bottero était un professeur de français, il a commencé à écrire. Son premier livre était passionnant, intéressant, et il a été publié. Il a donc continuer avec Ewilan, puis Ellana, et enfin L'Autre.

En ce moment, j'ai repris goût à la lecture. Je pense que c'est en partie pour ses oeuvres. L'histoire est passionnante, on rentre vite dans le vif du sujet. On s'attache à tous les personnages qui défilent sous nos yeux, tous différents. Bien qu'ils soient tous presque irréels par leurs extraordinaires capacités, ils sont attachant par leur grand côté humain.
Un petit résumé : Camille, une jeune fille de 15 et étonnamment intelligente, effectue un Grand Pas sur le côté, ce qui la projette en Gwendalavir. C'est un autre monde que le sien, surprenant par les monstres qui la peuplent et surtout un manque de technologie par rapport aux nôtres. Mais elle se rend vite compte que dans ce monde-là, il y a l'Art du Dessin. Son propre Don dépasse ses contemporains et elle semble aussi douée que Merwyn Ril'Avalon. Elle doit sauver l'Empire, et elle est accompagnée de Salim, enfant délaissé et son meilleur ami dans notre monde.

On est d'accord. C'est une histoire qui semble banale. Et ce n'est pas tant l'histoire, que l'on peut schématiser rapidement, qui nous intéresse. C'est la façon dont c'est écrit. Un style court, précis. Des mots parfaitement choisis. On notera aussi que Pierre Bottero utilise souvent des phrases nominales pour appuyer sur certains points. Rarement il emploie de longues phrases, souvent lassantes. C'est un style court, concis. Les mots sont choisis avec précision, et ils frappent en plein coeur. La lectrice que je suis est captivée par ce genre de style, qui me percute, et qui me va droit au coeur. Les chapitres sont courts, ce qui permet de s'arrêter presque quand on le veut sans perdre trop le fil - sauf si on est beaucoup trop pris par l'action. C'est un livre d'action, mais aussi d'humanité.
J'ai du mal à interpréter, mais quand je lis cette saga de six livres, je ne peux m'empêcher de me sentir vivante. Extrêmement vivante. Parce que c'est justement le sentiment que nous transmet l'auteur. La vie est belle, par de petites choses simples, comme l'amitié, l'amour. C'est justement ce qui apporte la force à l'héroïne, outre son extrême sens du devoir et des quêtes à accomplir pour des tierces personnes.
Elle rencontre de plus des êtres mythiques, tel qu'un Dragon, la Dame, et bien d'autres... Mais on ne tombe pas dans quelque chose de déjà fait. Le Dragon est plus qualifié par Héros de sa Dame, et non par son pouvoir. Il est décrit par sa grandeur, autant physique que psychologique. Le Dragon est un être sage avant tout.

Et ce qui m'a certainement surprise le plus, c'est que même l'ennemie qui a été plus d'une fois presque fatale, même celle-là, elle est humaine. On raconte son passé, brièvement, et Ewilan comprend qu'elle n'incarne pas que le Mal, qu'avant, c'était quelqu'un de souriant, d'aimé. Par une souffrance qui l'a détruite, elle a basculé, devenant extrêmement ambitieuse et dangereuse. Le poison de la souffrance s'est installée en elle et l'a détruite doucement. C'est ce qui m'a surprise. C'est raconté, rapidement, mais avec beaucoup d'humanité, de sentiments, de compréhension.

Pour résumer, c'est le style, l'humanité qui se dégage des personnages qui procurent à ces livres leur attractivité. La suite avec Ellana prolonge le tout, avec les commencements de ce personnage et la fin de l'histoire. Toujours un style autant percutant. Des actions qui en valent la peine, et une humanité qui donne le sourire. L'envie de lire, qui me sauve.
Donc, pour tout un tas de raison, je vous conseille de lire ce livre.


mardi 5 avril 2011

40.

On entame le quarantième article ! Tous une hooola ! Merci merci.

Bizarrement, ce soir-là, il faisait froid. La météo avait prévu beau temps, or il faisait un sale temps. Les nuages étaient gris, de ces gris qui vous font vous dire : "il va faire un sale temps". Le repas commença. Non, ce n'était pas un de ces agréables repas de famille où tout le monde rit, tout le monde s'amuse. C'était lui où tout le monde s'envoie de sale truc à la gueule, du genre : "tu ne fais rien de ta vie, à quoi penses-tu donc ? ". Un repas de famille auquel on tente désespérément d'échapper. On le fuit de tout son coeur. Mais, étant bien obligé d'y participer, on fuit dans le merveilleux vin provenant d'un quelconque cubis. En fait, un repas de famille, c'est presque comme être obligé de lire du Musso, avec un fouet derrière qui claque, et le moustique qui bourdonne. C'est ce qu'elle se disait, attablée là. Accablée là. Elle ne voulait pas penser. Si elle pensait, elle s'emporterait. Alors elle faisait de la triste philosophie dans sa tête. Elle pensait alors aux quelques livres qu'elle avait acheté l'après-midi même. Oui, merci, un peu plus d'aubergine. Vite, qu'on passe au dessert. Sortir de table, aller fumer sa clope. La bruine, voilà quelque chose d'agréable, de léger. Même si, personnellement, elle préférait la bonne pluie, la bonne grosse pluie, qui lui faisait penser à des douleurs acides qui s'effilochait vers la sortir. La bruine, c'est tout de même agréable. Ca ne mouille pas, ça rafraîchit, ça calme. Ca lui fait généralement penser à une petite fille qui pleure, doucement, comme pour ne pas faire de bruit.

Elle aimait bien jetée sa clope au loin, à chaque fois, elle essayait de battre son maigre record. Elle rentra dans la maison vide, qu'elle trouvait affreusement vide, sans aucune espèce de chaleur humaine, sans rien. Les murs étaient bien pâles dans cette vaste maison d'architecte. Elle se disait intérieurement qu'elle ne voulait pas de ce genre de maison, qu'elle ne voulait pas d'argent pour devenir un espèce de monstre sans coeur. De toute façon, les conventions sociales sont des espèces de tue tout. Tue l'amour, tue soi-même. Ne pas faire d'enfants si c'est pour ne pas les regarder. Ne pas se perdre soi.

Alors, comme une automate qui tente de ne pas penser, mais bien trop alcoolisée, elle se leva. Elle se dirigea tranquillement vers la sortie, la prit, et ne se retourna pas. Elle traça un trait sur sa famille, la faible famille, décida de la direction de sa vie, avec l'Homme à ses côtés, ils rient, et ils partirent. Parce que ça n'en valait pas la peine. La bruine, elle, les enveloppa comme une enfant-femme.