mardi 20 septembre 2011

49.

Se lever. Tant bien que mal. Se préparer, et sortir, encore tôt, très tôt. A 8h30, en centre ville, il n'y a pas grand monde. Mais ceux qu'on croise, ils nous sont en quelques sortes agréables. A dire vrai, je n'ai jamais aimé les grandes foules, j'aime plutôt ne voir que quelques personnes. J'ai l'impression alors d'être dans une sorte de bulle. Certains font face, d'autres pas. Et le matin, c'est visible. On peut sentir les tracas de la veille, on peut sentir le dur réveil, on peut sentir le froid qui les endort. On peut sentir les gens. Comprendre. Il suffit juste d'être attentif.

J'aime bien me promener tôt le matin. Tout s'éveille doucement. Le soleil, la chaleur de la journée, les personnes que l'on va croiser, les commerçants, les antiquaires, les serveurs des cafés, les buralistes, et tout le beau monde qui part travaille. La plupart y vont en traînant des pieds. On voit aussi les étudiants qui vont suivre leur cours. Les gens sont généralement pressés, comme si le temps allait les retenir, les empêcher. Pour la plupart, on peut sentir leur stress, qui en devient inévitablement palpable si on regarde bien. Quand le matin je m'arrête au bord du chemin, et que j'observe, j'ai l'impression d'être à part, d'observer l'effervescence du monde qui s'éveille. Souvent, j'ai envie de donner un sourire aux gens, de les motiver un peu plus.
Au fond, on a tous nos tracas matinaux.

mercredi 7 septembre 2011

48.

Le concept est simple. On pourrait même l'appeler le concept du "je fais que de la merde". Enfin, ça s'arrête à quelques petites merdes sans presque aucunes conséquences. Genre laisser les gants pour le four sur la plaque de cuisson électrique alors qu'on sait très bien qu'elles chauffent quand même ces petites salopes. Oui oui, je suis douée en ce moment. On pourrait même dire que je les enchaîne.
Mais au fond, ça n'est pas trop grave. Ce qui positif pour le moment, c'est que j'ai peut-être trouvé un emploi. Et là, on applaudit. Non, j'ai dis que vous applaudissiez. C'est un exploit en somme. Trouver un emploi de nos jours, sans aucunes qualifications concrètes, c'est un miracle. Bon d'accord, j'ai pas encore signé. C'est pas encore gagné. Mais mon CV intéresse. Et donc, possibilité que je devienne animatrice socio-culturelle. Le nom pète, l'emploi peut-être pas. Ca reste de l'argent qui rentre ...

Non mais soyons franc, trouver un emploi relève du surnaturel. C'est pire que le parcours du combattant, pire qu'avoir ses règles, pire que se faire plaquer, pire que la course à l'armement. Je dirais que c'est même pire que la fin d'un bon roman. Ou pour certains, pire que voir son personnage de jeu de rôle mourir. En fait, pire que tout. Déjà, parce que t'as beau avoir les diplômes qu'il faut, on te répondra que tu n'as pas l'expérience. T'as beau avoir l'expérience, on te répondra que t'as pas les diplômes. Et si par miracle, tu as les deux, on te dira que tu es trop jeune pour ce poste. Dans tous les cas, tu ne corresponds pas vraiment à ce que je cherche cet employeur. Parce qu'il sait une chose, c'est qu'il y a des dizaines de personnes qui attendent pour ce poste, et qu'il trouvera forcément quelqu'un de mieux que toi. Ou alors t'as la chance d'un cocu, et le poste est pour toi. Mais sache que ça n'arrive presque jamais. On appelle ça un coup de chance...

On appelle ça aussi le marché du travail. Je l'appellerai plutôt le marché de l'abattoir. Parce que non seulement, on te refuse l'emploi, mais en plus on te fait bien comprendre que tu es nul, que tu es loin d'être indispensable, et que si tu crèves de faim, tant pis. Merci. Nous aussi, on vous aimes. Nous, les petits chercheurs d'emploi. Ta vie, ils s'en foutent. Mais toi, tu te lèves le matin, en voyant ton joli compte en banque descendre, descendre, descendre... en multipliant tes recherches d'emploi. Alors parfois, tu as des proches qui tendent de te soutenir, te disant comment il faut que tu t'y prennes. T'essaie. Loupé. Try again. Et parfois, ça marche ( ou pas ).

Tout ça pour que vous vous réjouissiez avec moi, parce que c'est un jour fabuleux où j'ai peut-être la chance d'obtenir un travail stable, proche de chez moi, et qui me plaît. Ô gloire ! Mais ne crions pas victoire. Dans quelques jours nous serons fixés quant à mon potentiel futur emploi.
Jusque-là, courage ! ( Je ne sais pas si je m'adresse véritablement à vous ou plutôt à moi... )

mardi 9 août 2011

47.

Je ne sais plus ce qu'est l'Art. Non c'est vrai. Et je crois que beaucoup de gens sont persuadés de faire de l'Art. Dès qu'on écrit trois lignes, que ça ressemble à un texte passable : c'est de l'Art pour eux. Et alors pour la photographie, je crois bien que c'est pire. A croire que dès qu'on sait manier un tant soi peu quelque chose, on se sent investit d'une Muse, et on se croit dès lors Artiste.
Pour remarquer ça, il suffit de se ballader sur facebook, ou de naviguer un peu sur les nombreux blogs qui tapissent la toile. Il y en a très peu pour rester modeste, et considérer cela comme un passe-temps. Mais pour de nombreux internautes, ils font de l'Art. Trois clichés d'une mise en scène avec des copines, et hop, c'est de l'Art... Quelques modifications avec Photoshop et ses nombreux copains, et c'est de l'Art. Je commence sérieusement à saturer de tout cet "art" de bas étage... Je veux bien concevoir que certaines photos sont belles, intéressantes, mais de là à se monter tout seul sur un piédestal, faut pas pousser. Je suis peut-être trop critique... Mais je préfère l'être, et ne pas m'auto-proclamer artiste. Je n'écris que des petits textes, pas véritablement passable. Et je n'en fais pas toute une montagne.

Je me doute que très peu liront ceci, et à la limite, je n'en ai cure. Mais j'aimerai qu'on puisse cesser cet afflux croissant de "j'suis trop artiste, j'ai lu deux bouquins sur la photo, j'fais de trop belles photos !" (imitable pour la musique, l'écriture et toute forme d'art désormais... ). C'est juste pathétique !

Mon Art à moi, c'est lui.

dimanche 5 juin 2011

46.

Je voulais écrire sur toi, sur ta vie. Te rendre hommage par la seule façon dont j'en sois capable : l'écriture. Mais là, j'en suis véritablement incapable. J'ai pourtant pleins d'idées. Je saurai presque comment faire. Mais tous ses souvenirs se bousculent, s'enchaînent, sans que je puisse réellement les attraper. Mais je ne perds pas espoir. Je te rendrai hommage, à ma façon. J'y travaille...

Hier soir, il y a eu de l'orage. Un énorme orage. Le chat grognait, les lumières s'éteignaient. C'était presque apocalyptique. Et probablement que ça recommence ce soir. Qu'importe. J'ai mon chat avec moi. L'homme travaille. Et j'ai pas mal de choses à faire aujourd'hui. Je reprend ma vie en main, maintenant. A la seconde où j'arrête de rêver de quelque chose de meilleur. Je le met en place, doucement, tranquillement. Je reprends en main mes fantômes.
Mais une question subsiste : pouvons-nous réellement être qui nous sommes, sans entrave ?

lundi 23 mai 2011

45.

La nuit, c'est mieux. Ou pas. Mais là, je suis dans un problème qui me fait paniquer, donc j'écris. Si vous suivez la logique, vous me le dites.

Il faisait nuit noire dans la petite chambre d'enfant. La veilleuse ne fonctionnait plus. Après tout, elle avait tout de même cinq ans. Une grande fille désormais. Mais malgré l'heure tardive - l'horloge affichant trois heures du matin - la petite fille avait les yeux grands ouverts dans son lit. De grands yeux, sombres. Elle fixait un coin de la chambre, mais son regard semblait absent. Elle attendait. Elle attendait que la maison s'éveille. Ce qui n'arriverait pas avant un bon moment.
Elle se mit alors à réfléchir. Doucement. Elle se rendait bien compte que la vie d'adulte, c'était compliqué. Beaucoup trop compliqué. Il y avait des règles inscrites nulle part à respecter, des gens que l'ont devaient côtoyer par obligation, des sourires qui sonnaient faux... Non, vraiment non, elle n'était pas pressée de devenir une grande personne. Plus elle y pensait, et plus elle trouvait tout très compliqué chez les adultes. Ils se déchiraient en silence, et ils attendaient très longtemps pour passer l'éponge. En fait, elle aimait bien être une petite fille. On répondait toujours à ses questions.

Cette semaine-là, elle était chez son papa. Elle aimait bien être chez son papa. Même si sa maman disait du mal de papa. Mais c'était des histoires d'adultes. Elle ne voulait pas croire sa maman quand elle disait des choses méchantes. Mais sa grande soeur, elle croyait tout ce que lui disait leur maman. La petite fille aux grands yeux trouvait ça dommage. Elle ne voulait pas savoir les raisons de maman, mais ça lui faisait beaucoup de mal de voir qu'elle faisait ça... Elle ne voulait pas choisir entre papa et maman. Elle les aimait tous les deux, même si elle ne comprenait pas maman. Maman avait un autre amoureux... D'ailleurs, la petite fille se demandait ce que ça faisait d'avoir un amoureux. Et pourquoi maman n'aimait plus papa. C'était encore un truc d'adulte. Mais ça lui faisait un peu mal tout de même...

"Mathilde, il est sept heures. Tu te réveilles ma puce ?
- Je suis déjà réveillée papa. Petit déjeuner ?
- Oui, je t'attends en bas ma puce. "

Mathilde se leva, doucement, enfila ses petits chaussons qu'elle aimait beaucoup, et descendit prendre son petit-déjeuner. Comme tous les jours, elle vit que son papa avait l'air un peu triste, comme éteint. Et puis, elle se souvint qu'elle avait des poux. Cette remarque la fit un peu paniquée, comme cette panique qui l'avait tenue éveillée toute la nuit. Elle se gratta la tête, se plaignit, et se calma grâce au câlin de son papa. Puis elle partie à l'école, fatiguée, mais certaine d'une seule chose : vivre comme un adulte, avec beaucoup de gens, c'était vraiment trop compliqué.

lundi 9 mai 2011

44.

Le soleil brille haut. Il fait ni trop chaud, ni trop froid. La fenêtre est grande ouverte, pour que je n'oublie pas qu'il y a un monde autour de moi. Je tente de m'accrocher à mes idées, mes grandes idées d'un monde un peu meilleur. "Change d'abord ta vie, puis le monde". Sauf que changer sa propre vie, trouver ses propres solutions, ce n'est pas facile. Résister à la pression de son maudit cerveau, à l'envie de fuir parce qu'on a peur, c'est dur.
Mais pour la première fois de ma vie, je suis fière de le dire, je tiens bon. Je fais face. J'ai fais un choix, je l'accepte, je l'assume. Je ne fuirai pas. Je resterai...

Pourtant, j'ai du mal. Intérieurement, ça lutte. Ca se débat pour sortir et faire mal. Détruire. Et pourtant, je démonte pas à pas cette machine destructrice qui est en moi depuis bien trop longtemps. Je tente de trouver des solutions. De faire face aux problèmes mineurs qui se posent à moi. Je tente de tenir bon. Je ne flancherai pas. Pas cette fois-ci. Je lutterai. Même si c'est dur, même si ça me donne envie de vomir. Même si le monde m'effraie aujourd'hui, pour je ne sais quelle raison. D'entendre le bruit dehors me fait peur. Mais je tiens bon. Je laisse la fenêtre ouverte, je ne fume pas trop. J'attend patiemment que l'angoisse parte.

Copyright : Matthieu B.

J'attend son retour, comme une Pénélope. Sauf que moi, je sais qu'il reviendra dans quelques heures. Moi, je sais que je pourrais discuter avec lui. Il faut juste que ça se calme. Il faut juste que j'attende, que j'analyse comme toujours. Que je décortique. Et que je vois la réalité en face, quitte à la prendre de plein fouet. Assumer. Quitte à souffrir. Cette fois-ci, j'irai jusqu'au bout. Je mettrai mon cerveau de côté. Une bonne fois pour toutes.


jeudi 5 mai 2011

43.

La théorie de soi.

Dernièrement, j'ai passé mon stage bafa base. Une semaine éprouvante, loin de mon petit fiancé, loin de mon chez moi. Mais une semaine qui m'a ouvert les yeux.

Déjà, un projet d'écriture qui a prit forme grâce à Rain. Une soirée marrante en prime. Et une soirée avec un ami, ça n'a pas de prix.

De deux, la découverte de soi. Découverte d'une personne qui n'est pas du tout introverti, qui va vers les autres en se motiver un tant soi peu. Une personne souriante malgré tout. Et surtout, j'ai appris que je savais relativiser à un point énormissime. Prendre sur soi, ne pas s'énerver, et tenter de voir les choses différemment. A l'heure actuelle, j'en suis capable. Mais surtout, j'ai vu que je voulais donner de mon temps pour aider les autres. Je le savais déjà, mais pas à ce point.

Donc, j'en suis à la recherche d'un emploi. Puis après, d'une association pour aider les enfants défavorisés. Tout ça en organisant probablement mon mariage. Si c'est pas fantastique ! Je crois que je me suis réellement découverte au-delà de mes espérances. Je ne pensais pas être capable de gérer trois milles cinq cent choses à la fois. Et pourtant, si. Je suis capable de tout gérer. Et de me gérer moi. Surtout émotionnellement.
Et malgré mes multiples activités, j'ai trouvé le temps de lire. J'ai trouvé le temps de me poser des questions, de m'interroger, de trouver quelques réponses. De philosopher comme je sais le faire.
Je n'ai donc pas perdu mon temps.

Il me reste beaucoup de choses à réaliser. Il me manque à apporter du rêve, de la littérature, à beaucoup de gens. De leur montrer à quel point rêver et croire n'est pas si horrible. Ce qui est horrible, c'est de s'enfermer dans le train-train quotidien en renâclant, et sans se rendre compte que la vie, ce n'est pas ça. En fait, j'ai envie d'apporter un peu de moi à des enfants... Alors, on retrousse ses manches fictives, et on fonce !

dimanche 10 avril 2011

42.

Tu me manques. Horriblement. Je sais que tu te reconnaîtras. Je sais que tu nous regardes, que tu veuilles sur nous. Mais je me heurte à un mur invisible qui m'empêche de surmonter ça. Beaucoup trop tôt peut-être. Je n'accepte toujours pas...

samedi 9 avril 2011

41.

La quête d'Ewilan et Les mondes d'Ewilan, Pierre BOTTERO.



Nous allons parler de ce que je lis, et que j'adore.
Pour faire simple, monsieur Bottero était un professeur de français, il a commencé à écrire. Son premier livre était passionnant, intéressant, et il a été publié. Il a donc continuer avec Ewilan, puis Ellana, et enfin L'Autre.

En ce moment, j'ai repris goût à la lecture. Je pense que c'est en partie pour ses oeuvres. L'histoire est passionnante, on rentre vite dans le vif du sujet. On s'attache à tous les personnages qui défilent sous nos yeux, tous différents. Bien qu'ils soient tous presque irréels par leurs extraordinaires capacités, ils sont attachant par leur grand côté humain.
Un petit résumé : Camille, une jeune fille de 15 et étonnamment intelligente, effectue un Grand Pas sur le côté, ce qui la projette en Gwendalavir. C'est un autre monde que le sien, surprenant par les monstres qui la peuplent et surtout un manque de technologie par rapport aux nôtres. Mais elle se rend vite compte que dans ce monde-là, il y a l'Art du Dessin. Son propre Don dépasse ses contemporains et elle semble aussi douée que Merwyn Ril'Avalon. Elle doit sauver l'Empire, et elle est accompagnée de Salim, enfant délaissé et son meilleur ami dans notre monde.

On est d'accord. C'est une histoire qui semble banale. Et ce n'est pas tant l'histoire, que l'on peut schématiser rapidement, qui nous intéresse. C'est la façon dont c'est écrit. Un style court, précis. Des mots parfaitement choisis. On notera aussi que Pierre Bottero utilise souvent des phrases nominales pour appuyer sur certains points. Rarement il emploie de longues phrases, souvent lassantes. C'est un style court, concis. Les mots sont choisis avec précision, et ils frappent en plein coeur. La lectrice que je suis est captivée par ce genre de style, qui me percute, et qui me va droit au coeur. Les chapitres sont courts, ce qui permet de s'arrêter presque quand on le veut sans perdre trop le fil - sauf si on est beaucoup trop pris par l'action. C'est un livre d'action, mais aussi d'humanité.
J'ai du mal à interpréter, mais quand je lis cette saga de six livres, je ne peux m'empêcher de me sentir vivante. Extrêmement vivante. Parce que c'est justement le sentiment que nous transmet l'auteur. La vie est belle, par de petites choses simples, comme l'amitié, l'amour. C'est justement ce qui apporte la force à l'héroïne, outre son extrême sens du devoir et des quêtes à accomplir pour des tierces personnes.
Elle rencontre de plus des êtres mythiques, tel qu'un Dragon, la Dame, et bien d'autres... Mais on ne tombe pas dans quelque chose de déjà fait. Le Dragon est plus qualifié par Héros de sa Dame, et non par son pouvoir. Il est décrit par sa grandeur, autant physique que psychologique. Le Dragon est un être sage avant tout.

Et ce qui m'a certainement surprise le plus, c'est que même l'ennemie qui a été plus d'une fois presque fatale, même celle-là, elle est humaine. On raconte son passé, brièvement, et Ewilan comprend qu'elle n'incarne pas que le Mal, qu'avant, c'était quelqu'un de souriant, d'aimé. Par une souffrance qui l'a détruite, elle a basculé, devenant extrêmement ambitieuse et dangereuse. Le poison de la souffrance s'est installée en elle et l'a détruite doucement. C'est ce qui m'a surprise. C'est raconté, rapidement, mais avec beaucoup d'humanité, de sentiments, de compréhension.

Pour résumer, c'est le style, l'humanité qui se dégage des personnages qui procurent à ces livres leur attractivité. La suite avec Ellana prolonge le tout, avec les commencements de ce personnage et la fin de l'histoire. Toujours un style autant percutant. Des actions qui en valent la peine, et une humanité qui donne le sourire. L'envie de lire, qui me sauve.
Donc, pour tout un tas de raison, je vous conseille de lire ce livre.


mardi 5 avril 2011

40.

On entame le quarantième article ! Tous une hooola ! Merci merci.

Bizarrement, ce soir-là, il faisait froid. La météo avait prévu beau temps, or il faisait un sale temps. Les nuages étaient gris, de ces gris qui vous font vous dire : "il va faire un sale temps". Le repas commença. Non, ce n'était pas un de ces agréables repas de famille où tout le monde rit, tout le monde s'amuse. C'était lui où tout le monde s'envoie de sale truc à la gueule, du genre : "tu ne fais rien de ta vie, à quoi penses-tu donc ? ". Un repas de famille auquel on tente désespérément d'échapper. On le fuit de tout son coeur. Mais, étant bien obligé d'y participer, on fuit dans le merveilleux vin provenant d'un quelconque cubis. En fait, un repas de famille, c'est presque comme être obligé de lire du Musso, avec un fouet derrière qui claque, et le moustique qui bourdonne. C'est ce qu'elle se disait, attablée là. Accablée là. Elle ne voulait pas penser. Si elle pensait, elle s'emporterait. Alors elle faisait de la triste philosophie dans sa tête. Elle pensait alors aux quelques livres qu'elle avait acheté l'après-midi même. Oui, merci, un peu plus d'aubergine. Vite, qu'on passe au dessert. Sortir de table, aller fumer sa clope. La bruine, voilà quelque chose d'agréable, de léger. Même si, personnellement, elle préférait la bonne pluie, la bonne grosse pluie, qui lui faisait penser à des douleurs acides qui s'effilochait vers la sortir. La bruine, c'est tout de même agréable. Ca ne mouille pas, ça rafraîchit, ça calme. Ca lui fait généralement penser à une petite fille qui pleure, doucement, comme pour ne pas faire de bruit.

Elle aimait bien jetée sa clope au loin, à chaque fois, elle essayait de battre son maigre record. Elle rentra dans la maison vide, qu'elle trouvait affreusement vide, sans aucune espèce de chaleur humaine, sans rien. Les murs étaient bien pâles dans cette vaste maison d'architecte. Elle se disait intérieurement qu'elle ne voulait pas de ce genre de maison, qu'elle ne voulait pas d'argent pour devenir un espèce de monstre sans coeur. De toute façon, les conventions sociales sont des espèces de tue tout. Tue l'amour, tue soi-même. Ne pas faire d'enfants si c'est pour ne pas les regarder. Ne pas se perdre soi.

Alors, comme une automate qui tente de ne pas penser, mais bien trop alcoolisée, elle se leva. Elle se dirigea tranquillement vers la sortie, la prit, et ne se retourna pas. Elle traça un trait sur sa famille, la faible famille, décida de la direction de sa vie, avec l'Homme à ses côtés, ils rient, et ils partirent. Parce que ça n'en valait pas la peine. La bruine, elle, les enveloppa comme une enfant-femme.

dimanche 27 mars 2011

39.

Je n'ai pas envie d'un article long.

Il pleut dehors. Il fait presque nuit. On a avancé d'une heure. Et j'ai trop bu hier. Du coup, ma tête hurle, elle ne peut supporter qu'une série et du ZZ Top. Il y a plus dramatique, j'en conviens. Je ne sais pas une fois de plus pourquoi j'écris, pourquoi je parcoure les touches de mon clavier. Comme à chaque fois, j'écris en détresse ( pas besoin de chanter Balavoine, merci ). Demain, je repars à la recherche active d'un emploi. Il me faut un travail, un salaire, un truc qui rentre tous les mois et qui ressemble peu ou prou à de l'argent sur mon compte en banque. Ca devient vital pour ma santé mentale. Parce que là, je commence réellement à paniquer.

Sinon, notre petit nid douillet prend forme, il ressemble de plus en plus à un appartement et non plus à un squat. Mais mon ordinateur chéri d'amour me manque... Bientôt, il sera là à nouveau. Parce que, les livres, j'en ai déjà. Et je ne vais pas tarder à m'inscrire à la bibliothèque pour pouvoir en disposer d'autres. Donc côté livre, ça va. Côté geekerie, beaucoup moins. Je tente de gérer la situation. Et pour la peine, j'accrocherai sous peu ma peluche de Choubaka sous le lit, avec des ficelles, au mur. Grande classe !

lundi 21 février 2011

38.

En fait, être touche à tout, ce n'est pas une qualité. C'est un poison. Un de ces poisons qui vous emprisonne, qui vous démolisse de l'intérieur. Qui vous pourrisse. Cela te choppe aux tripes, et ça te les enlève. Cela t'enlève toute motivation, toute espérance. Il ne te reste que ta coquille vide, sans rien d'autres que tes petites larmes pour te vider. Te vider de tout.
Pourtant, tu sais très bien que si tu arrêtes, que si tout lâche tout, tu vas tout gâcher. Gâcher ta vie, gâcher ton avenir, gâcher tes capacités. Et tu n'as pas envie de foutre en l'air toutes ces heures où tu as travaillé, où tu t'es donné à fond, où tu as lutté contre toi même pour y arriver.

Et là, tu te dis que tu as fait tout ça pour prouver aux gens que tu avais de la valeur. Au fond, on en revient toujours au problème de base : toi. Le fait que tu te sentes obligée de devoir toujours prouver aux autres ce que tu vaux, ce que tu es. Le fait que tu doives toujours te dire que tu as une certaine valeur. En fait, tout irait mieux le jour où tu comprendras que tu as de la valeur. Que ton être entier a de la valeur aux yeux de certaines personnes... Mais tes vieux démons ne cesse de te hanter. Toi qui voudrais avancer, te voilà pourchasser. Alors tu fuis en avant, tu t'imagines un futur, un futur que tu voudrais. Pour oublier que ton présent n'est pas encore réussi. Que tu as du chemin à parcourir. Tu fuis vers le futur pour oublier que tu n'as aucune confiance en toi. Le jour où tu verras que tu as de la valeur, alors tout ira mieux. Mais pour le moment, tu te laisses doucement sombrer. Et plus tu te débats, plus tu sombres. Et tu fais sombrer avec toi tout ce que tu as de beau dans ta vie. Parce que tu ne trouves rien d'autre à faire. Parce que tu ne voies pas comment faire autrement. C'est d'une stupidité affolante. Il faudrait que tu te laisses aller, que tu te laisses porter. Mais tu ne peux pas non plus. Il faut que tu contrôles tout, sinon tu as l'impression de ne servir à rien. Chercher des réponses à tout. Pour fuir tes propres réponses. Tu fuis ta propre voie, ta propre identité. Parce que tu as peur quand les tentacules t'attrapent. Pourtant, elles sont là pour te montrer qui tu es. A croire que tu n'es pas prête...


jeudi 17 février 2011

37.

Les gens, vous me déprimez. Je me déprime toute seule.
Où allons-nous ? La jeunesse n'a strictement aucun but. Aucun motif pour se bouger. Alors, on fout le bordel dans la rue, dans nos vies. On sabote tout, de peur qu'un jour, quelque chose de bien nous arrive. On sabote notre propre avenir, parce qu'on se dit qu'on a rien à défendre, tout a déjà été fait. On ne voit pas que c'est nos vies que nous avons à défendre. On ne voit rien, aveuglés par la souffrance.
Plusieurs possibilités s'ouvrent alors à nous : soit nous nous bousillons tout seul lorsque nous voyons la vérité ; soit nous sombrons dans la drogue, l'alcool, les excès quel qu'ils soient. On tente d'oublier.

Et pourtant, tôt ou tard, il faudra bien qu'on se relève. Qu'on avance. Qu'on voit que tout n'est pas perdu. Et peut-être que ce jour-là, il sera trop tard... Je n'espère qu'une chose : qu'on se relève avant qu'il ne soit trop tard.

samedi 12 février 2011

36.

Je suis de retour !
J'ai reçu un commentaire fort sympathique, de quelqu'un qui ne me connait visiblement pas, et qui adore mon blog ! Le genre de chose qui te fait te dire : "aah mais finalement, je fais pas que de la merde !"

Alors commençons bien la chose. J'ai survécu à Brest, j'ai survécu au passage de nos six mois d'amoureux. Mais survivrai-je au chaleur de mon chat ? La question est lancée. J'espère juste que les cachets feront véritablement effet en attendant que je trouve les fonds nécessaires pour une stérilisation, même si ça me fait mal au coeur de lui faire une telle chose ( phrase digne de Balzac, longue ).
Bon sinon, dans mon joyeux monde. Je découvre la joie d'un écran de 22pouces. Ô joie ! Ô gloire à mon homme ! Oui, parce que pendant de nombreuses semaines, ce fut un périple pour avoir la joie d'utiliser mon ordinateur. Mon ancien écran avait décidé de grésiller, de ne pas s'afficher correctement ou après de nombreux allumages. Il agonisait. Donc nous l'avons changé, pour cette merveille. Je ne préfère même pas raconté l'effet produit face à un jeu, face à un film. Gloire à nous !



Outre ce fait, je n'ai plus d'argent. Je négocie avec mon compte en banque et ma culpabilité d'avoir acheté des docs martens. Mais je le gère. Nos placards sont pleins, donc tout va bien. [ Le meurtre sur un félin ne saurait tarder, alors que j'écris ces quelques lignes ]. J'ai de plus énormément de travail, et une vie sociale qui commence à s'organiser. Ce n'est donc plus très évident pour moi d'écrire. Ce que je regrette, parce que j'adore ça. Mais je n'ai ni l'inspiration, ni le temps nécessaire. Je tente de lire mes livres pour la fac, d'étudier, et de survivre psychologiquement. J'ai toujours eu besoin de ces périodes de pauses. Et je pense aussi énormément à mon futur, proche ou lointain. Le doute plane sans cesse. Est-ce que j'ai choisi le bon métier ? Vais-je réussir ? Vu les temps qui court, cela risque d'être très difficile. Je me dis que j'ai le temps pour voir venir, mais j'ai toujours eu besoin d'un objectif pour réussir. L'objectif essentiel, c'est mon bonheur, et le foyer que nous essayons auquel nous essayons déjà de poser les bases.
Cela rend la vie plus vivante, passionnante, mais tout aussi fatigante.
Tout gérer devient difficile à long terme.

Je me rends compte que je viens d'écrire un pavé. J'espère que cela restera visible.
L'objectif principal, du moment et pour les jours qui suivent, c'est de terminer mon travail et de tenter de recoudre les gens auxquels je tiens. Que j'aime.
Bonne soirée à vous !

mercredi 12 janvier 2011

35.

Ecrire après avoir regardé une série. Donc en réaction à cette série. Mais ne pas écrire sur cette série. Ca deviendrait presque concept.
Bon sinon, comment vous faire enrager si ce n'est en vous disant que je suis toujours en vacances, chez mon homme, au chaud, entouré de trois pc (parce qu'on déconne pas avec les pc ici !!) ? Je sais que la plupart d'entre vous diront : "oh mon dieu, comme j'aimerai avoir la chance d'avoir encore des vacances !" Parce que c'est improbable que vous me jalousiez sur le fait que je sois encore chez mon homme. Je le prête pas. Eh bien, je peux vous dire que cela devient relativement pénible. Je n'ai plus du tout envie de travailler, sortir devient quelque chose de pénible, un véritable exploit, et l'idée d'annihiler complètement mon cerveau m'est venu à l'esprit. Rien de plus facile : lesson one : ne pas travailler. Lesson two ( en anglais, ça fait plus classe parait-il ) : ne plus lire. Lesson three : regarder la télé, jouer à l'ordi, dormir plus de dix heures. Avec ce programme en trois étapes, vous pouvez être sûr de ne plus avoir de cerveau.



Par contre, là où ça va devenir problématique, c'est à la rentrée. Je n'ai toujours pas trouvé comment récupérer un cerveau viable en l'espace de trois jours. C'est une grande interrogation.
Sinon, je pars pour Brest, rencontrer un peu toute la bande de l'homme. Et là, ceux qui me connaissent bien se posent deux questions : comment va-t-elle survivre avec le froid ? Ne stresse-t-elle pas trop ? Auquel cas, je vous répond dès à présent : rendez-vous à mon retour. Si je suis en vie. Si le froid ne me tue pas. Ou ses potes. Les deux sont peut-être probable. Je reviens théoriquement le 18 au matin. Je précise bien "théoriquement". L'hypothèse de ma survie est levée.

Bonne journée à vous ! Je tâche de vous tenir au courant des périples de mon corps et de mon cerveau. Les deux étant presque important !