Je suis en manque de photographies, d'art, de musicalités dans les paroles. Au fond, très peu de gens savent réellement parler, s'exprimer correctement. Très peu de personnes sont réellement intéressantes... Une telle pauvreté m'effraie, et me fait mal. Non pas parce que je suis trop altruiste, mais bien parce que je trouve cela tellement dégradant... Nous allons à notre perte, et avec une vitesse folle. Pour oublier ma condition minable de jeune femme, mineure, trop peu cultivée à mon goût, et vouée à un avenir trop incertain, je bois. Je bois pour oublier, je bois pour trouver un sens. Comme presque tout le monde. Il y a plusieurs possibilités qui s'offrent à nous pour oublier cette condition pitoyable, et dans un sens tragique. Nous pouvons boire, nous pouvons nous tenir reclus de tout sentiments et de toutes amitiés, nous pouvons travailler comme des malades... Tellement de possibilités en fait.
Quand j'ai recommencé à lire les accords Toltèques, il y a une phrase qui m'a marqué : l'Homme est accro au malheur. Pourquoi avons-nous besoin de cela ? Ce serait tellement plus simple d'apprendre à être heureux. Mais c'est dur. Trop dur pour la plupart des gens. Parce qu'il faut être agréable, parce qu'il faut savoir se tenir. Et nous avons tous peur du bonheur. Parce que le malheur, on y est dans un sens habitué, et que s'il s'enfonce, ce ne sera pas dramatique, nous avons l'habitude. Tandis que le bonheur, une fois habitué, s'il s'effondre, nous ne savons plus quoi faire. C'est un drame, une bombe dans notre vie. C'est trop dur à supporter que de remonter la pente. Du haut de mon jeune âge, j'aspire à trouver cette plénitude et ce bonheur. La route est dure, plus dure que de s'habituer à ce malheur quotidien et permanent. Mais je refuse cet état de cause, je refuse qu'il se passe ça. Il suffit de trouver sa voie et de s'y tenir. Il y a des choses qui dépendent de nous. Et d'autres pas. Comme quoi les stoïciens ne disaient pas que des choses absurdes. Je tente de maîtriser ma vie, mais je ne peux maîtriser mes sentiments. Alors je m'y refuse, pour le moment. J'ai beau aspirer à être heureuse, et sereine, une partie de moi refuse que je m'attache pour ne pas souffrir. Pour le moment. Viendra un jour où j'assumerai cette part de moi, comme le doit tout être-humain.
Mais pour trouver cette plénitude, il faut cesser les préjugés. Ce qui semble être mission impossible pour certaines personnes. Et j'ai une partie de moi qui ne peut s'empêcher de vouloir leur prouver le contraire, leur démontrer que leurs préjugés sont infondés. Détermination qui me coûte beaucoup. Je me prends parfois pour la protectrice du monde, ce qui au fond m'amène beaucoup plus d'ennuis qu'autre chose. Je ne dirai jamais pour me défendre : " c'est ma nature " parce que cela voudrait dire que je me limite à ça et point barre. Et je déteste cet état de cause. Alors, pour le moment, c'est une tare, et un jour peut-être je maîtriserai cette partie de moi pour enfin être sereine. Le chemin est long, tortueux, nous n'arrivons jamais au bout, mais c'est tellement intéressant...


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